La plupart des auteurs font remonter le château de Valère à l’époque romaine et, sans fournir de preuves, font dériver son nom de Valeriana, mère de Titus Campanius Priscus Maximianus, à qui elle fit élever un monument dans la cité de Sion ; en réalité, on ignore ses origines. Il appartient au Chapitre cité en 1049 et servait de résidence aux chanoines.
C’était une vraie forteresse, renfermant dans son enceinte, outre l’église, un grand nombre de maisons.
Protégée par des remparts et des tours, elle est accessible seulement du levant. La tour d’entrée est percée d’une première porte sur la face nord, qui était fermée par une herse ; une deuxième porte s’ouvre d’équerre avec la précédente dans la face occidentale de la tour, elle est encore munie de ses vantaux de bois dur épais garnis de ferrures. Suit une rampe d’accès, bordée au nord par une série d’habitations, qui ont été souvent remaniées et dont le corps central abrite une salle de réception intéressante, dénommée Caminata, du XIIIe siècle ; restes d’une fresque figurant saint Maurice présenté par saint Théodule à la Vierge et à l’Enfant, ca 1470 ; dépose et restauration, 1959-1960, par Théo-Antoine Hermanès, et remise en place sur deux châssis, 1962 ; grande cheminée en béton de plâtre ; plafond à solives apparentes, jadis orné d’une décoration en damier avec quatre-feuilles, supporté par une forte colonne de chêne ; sur l’enchevêtrure de la cheminée apparaissent encore, peu distincts, deux groupes de trois blasons : Savoie entre France et Angleterre, Dauphiné entre Genevois et Haute-Bourgogne, apposés probablement en souvenir du traité de paix conclu en 1224, à Sion, entre Thomas 1er, comte de Savoie, et Landri de Mont, évêque de Sion.
Un mur construit un peu en dessous de l’église divisait le château en deux parties ; on pénétrait dans la partie supérieure par la troisième porte (porta ferrata), autrefois flanquée d’une tour. Au-delà, en contrebas, la salle des Gardes, puis plus haut, la maison du Doyen et le bâtiment des Calendes qui lui est attenant, grande salle où le Chapitre tenait ses séances, décorée de fresques représentant les neuf preux avec leur blason, ca 1470 ; état de conservation médiocre.
Tous ces bâtiments abritent, en une suite de quarante salles environ, le Musée cantonal de Valère (fermé le lundi) constitué des collections les plus variées [...].
On arrive enfin à l’église ; au-dessous de celle-ci se trouve la citerne du château dont on sait que de grandes dépenses ont été faites pour son entretien en 1338. Une annexe prolonge l’église à l’ouest ; le rez-de-chaussée abrite un moulin déjà cité aux XIVe siècle. Un autre bâtiment, attenant à l’annexe, est habité par le sacristain de l’église. D’autres bâtiments, dont les substructions sont encore visibles, s’élevaient dans l’enceinte.
L’enceinte du château présente en plan la forme d’un polygone très irrégulier, épousant tous les escarpements du terrain et des rochers qui servent de soubassements à l’ensemble des constructions. En son tracé actuel, elle date en grande partie du XIIe siècle avec quelques-unes des maisons qui font corps avec elle, mais elle a été considérablement renforcée au XIIIe siècle. Elle comprend encore trois tours : celle de l’entrée, celles de l’angle sud-ouest et de l’angle sud-est.
Les chanoines sont demeurés à Valère jusqu’en 1798. Les habitations abandonnées sont tombées en grande partie en ruine ; quelques-unes seulement ont été conservées et affectées au séminaire diocésain de 1817 à 1874, puis, dès 1883, au Musée cantonal (Théophile Van Muyden).
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